Cette séance de rentrée aura lieu le Mardi 29 septembre à 20h30 à l’Espace En Cours et s’inscrit dans le prolongement de projections autour de Maurice Lemaître et du mouvement lettriste entamées avant l’été.

Maurice Lemaître, dont nous célébrons les 100 ans cette année, a toujours porté une attention particulière à mentionner, discuter, confronter, auréoler les films qui, de son point de vue, fondaient l’histoire réellement créatrice du cinéma. Réfutant les plagieurs, les escrocs dont les films, selon Lemaître, ne faisaient que dégrader l’art cinématographique, il a mis en avant les œuvres qu’il reconnaissait comme majeures, en les évoquant dans ces films, ou en les montrant lors de séances (dans des galeries, des institutions…). A la fin des années 1960 par exemple, il a initié le « Café cinéma lettriste« , lors duquel des films des avant-gardes, des films lettristes et quelques œuvres plus récentes dignes d’intérêts, étaient présentées.

Cette séance fait écho à ces projections où étaient montrés la quintessence de l’avant-garde filmique, adoubée par Lemaître.

Séance organisée avec le soutien du Fonds de dotation Bismuth Lemaître Guymer.

Au programme

Etude cinématographique sur une arabesque de Germaine Dulac (France, 1929, muet, nb, 16mm, 7′)

« Dulac est une novatrice française du film, hélas, comme c’est souvent le cas pour les novateurs dans notre pays, presque ignorée de nos concitoyens, même ceux qui règnent sur la Cinémathèque Française, dont les agissements envers l’invention filmique véritable sont lamentables et même criminels, comme je l’ai si souvent analysé en maints de mes ouvrages dédiés à cette malheureuse institution. » Maurice Lemaître, nov 2005

Le témoin ou La Timide espérance de Christiane Guymer (France, 1984, sonore, couleur, 16mm, 9′)

Le «narrateur» de ces images pacifiques, gaies, d’une vie heureuse évoque sa place de «témoin» des difficultés du mouvement lettriste pour construire un monde de plus de richesses et de plus de bonheur.

Ballet mécanique de Fernand Léger et Dudley Murphy (France, 1924, muet, teinté, 16mm, 12′)

« L’erreur picturale, c’est le sujet. L’erreur de cinéma, c’est le scénario. » (Fernand Léger, Peinture et cinéma, « Cinéma », Paris, 1925, p.107)

Musical Poster de Len Lye (EU, 1940, sonore, couleur, 16mm, 4′)

 » Lye travaille avec pinceau et pochoir directement sur la pellicule, en couches successives. Cette complexité traduit bien l’intensité et la joie générée par les gestes/mouvements/couleurs simples. » Deke Dusinberre.

Film nourrissant les gestes lettristes, avec « interventions graphiques sur l’émulsion photographique. Chez les lettristes, travail hypergraphiste proche de celui d’un Len Lye et d’un McLaren, enluminures dites aussi ciselures ». Nicolas Villorde, revue Jeune Cinéma, 2018.

Rudolph Valentino s’est suicidé pour moi d’Hélène Richol (France, 1979, sonore, couleur, 16mm, 6′)

Rythme rapide dû à la géométrisation des images de ce film, dont les ciselures sont surtout des lignes obliques. Des insertions à l’intérieur des ciselures sont réalisées avec des débris de pellicule.

Une oeuvre de Maurice Lemaître (France, 1969, sonore, couleur, 16mm, 15′)

« Intitulé d’abord « La Poubelle du labo », puis « L’Enfer du cinéma », ce film, projeté pour la première fois en septembre 1968 à la Cinémathèque française, est l’homologue cinématographique des « mots dans un sac » de Tzara, ou mieux, une œuvre ressortissant de l’eshautomatisme isouien filmique. Si le résultat peut apparaître à certains spectateurs un peu éprouvant, je crois qu’il restera néanmoins dans l’Histoire du Film pour l’audace extrême qu’il représente et le style esthétique qu’il illustre, peut-être solitaire aujourd’hui. » Maurice Lemaître

Le film est déjà terminé d’Olivier Fouchard (France, 1995, sonore, couleur, Super 8, 3′)

Ouf, Olivier Fouchard a évité un procès en plagiant Lemaître…

et des lectures, des écoutes et autres films supertemporels…

infos pratiques :

Espace En Cours,

56 rue de la Réunion, 75020 Paris

entrée 6€ et bar sur place (en espèces uniquement !)