Séance le 26 mai 2026 – 20H30 – espace en cours, 75020 Paris

Plak de Charlène Dinhut plonge dans un univers souterrain envoûtant où un peuple de femmes vit dans les égouts, sous la surface du monde. Dans cette obscurité habitée de sons, de rires et de mystères, les protagonistes évoluent entre chasse aux cerfs égarés, apprentissage de l’écriture et désirs enfouis.

Pensée tout à la fois comme un écho et un prolongement de Plak, cette séance de films émaillée de lectures se permet de fouiner dans différents recoins du sens et de la perception pour tracer un chemin en équilibre entre cri d’amour, rires absurdes, danses marginales. « Les femmes du bas doivent prendre garde à ne jamais laisser d’indice de leur présence. Et si les humains du haut découvraient leur existence ? Quand les femmes du bas se déplacent, elles ne laissent pas de trace. L’air qu’elles remuent en courant soulève la poussière à leur suite, efface les marques de leur passage, la poussière nettoie, un alphabet minéral recouvrant les empreintes éphémères du dessous. C’est comme des histoires que ces femmes courent mais on ne le sait pas ».

Charlène Dinhut programme des films, de la parole, de la performance. Attachée à la circulation des formes et des genres, à celle des films par-delà les frontières des mondes et des disciplines, elle choisit de favoriser les passages, entre art et documentaire, entre documentaire et cinéma. La littérature et les enjeux de la pensée ne sont jamais loin, ainsi que la fiction, qui rend le monde plus épais.

Les Mains négatives de Marguerite Duras (sous réserve)
France, 1979, 16mm, sonore, couleur, 14’
C’est à partir des chutes non montées de Navire Night (1978) que Marguerite Duras réalise Les Mains négatives (1979). Les rues désertées de Paris en plein mois d’août, à l’instant même où la nuit disparaît lentement pour laisser place à l’aube, servent de décor à une errance existentielle. Duras donne sa voix à un texte écrit contre (en réaction et à côté) les images. Elle met en fiction les peintures pariétales, ces mains négatives laissées il y a 30 000 ans sur les parois des grottes.

Au bord de Sébastien Ronceray (musique : Hélène Breschand)
France, 2014, sonore, couleur, Super 8 > projeté en num, 4’
Tourné dans un espace végétal singulier, film sur les liens entre la douceur difficilement perceptible du vent, de la caresse d’une caméra et la perception d’un son bruitiste et murmuré.

Divers films de Suse Byk (avec Valeska Gert)
Allemagne, 1925-1926, muet, n&b, fichier numérique, 3’
« Les danses de Valeska Gert sont comme des explosions extrêmement précises. Elle fait des cut-up permanents et du coup dans le corps c’est presque comme une épilepsie, une décharge électrique, c’est très puissant. Les pièces sont faites comme un montage de cinéma, elles n’aboutissent jamais à un geste dans son récit, ne mettent jamais le spectateur dans un regard confortable. » Latifa Laâbissi, chorégraphe (2021)

Ptkho de Mahine Rouhi
France, 2001, sonore, n&b, 16mm, 7’
« Échappés d’un rêve ténu, ces phénomènes de poésie sonore s’éloignent toujours plus jusqu’à disparaître. » – Olivier Fouchard

Turtle Dream de Robert Withers (avec Meredith Monk)
EU, 1987, sonore, n&b, 16mm, 10’
Une tortue émerge d’une forêt primitive dans un style initialement proche du documentaire, puis traverse une carte du monde pour finalement débarquer au milieu d’une maquette pour un film de monstres japonais. Les compositions musicales et picturales se rejoignent pour créer une atmosphère fortement symbolique.

Kaiserschnitt, « La naissance de l’alphabet » de Mara Mattuschka
Autriche, 1987, sonore, n&b, 16mm, 4’
D’une césarienne d’une femme allongée jaillit un sac rempli de lettres. Il s’agit de la fameuse soupe alphabet de notre enfance, qui tentait de satisfaire doublement les exigences didactiques, en associant la consommation de la soupe à l’acquisition de connaissances en matière d’écriture.

Ga de Stephanie Maxwell
EU, 1982, sonore, couleur, 16mm, 5’
Des motifs animaliers évoluent dans un univers abstrait en mouvement, rythmé par le cycle jour/nuit. Les images ont été créées à l’aide de diverses techniques expérimentales de peinture et de gravure à la main, directement sur des pellicules 35mm noires et transparentes. La musique est une œuvre préenregistrée de chants et de percussions ghanéennes.

Séance ponctuée de lecture du texte Plak.

Espace En cours
56 rue de la Réunion, 75020 Paris

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