Mardi 6 octobre, à 20H30, à l’Espace En cours

En présence de Myriam Jacob-Allard

La cinéaste canadienne Myriam Jacob-Allard, à Paris pour quelques temps, vient présenter son dernier film dans un programme où les fantômes, les corps fragmentés et révélés, les murmures, et peut-être même quelques chimères, envahiront délicatement l’écran…

« C’est souvent par petits bouts que Myriam Jacob-Allard envisage la mécanique du récit. Par morceaux de gens, de choses et de gestes qui dessinent en creux des contre-narrations de ce qui a été dit et de ce qu’il reste à faire. Des histoires de familles drôles et tristes, des fragments mimés, isolés, répétés ou superposés, bref, des bricolages. » Ugo Ballara

Remains, Louise Bourque

Au programme :

Remains de Louise Bourque, Canada, 5 min, 2011, sonore, coul, 16mm 
« La figure maternelle revisitée – un thème récurrent dans mon travail. Une détérioration de la pellicule qui aborde la qualité éphémère du moment capturé (le présent) tout en révélant le pouvoir insistant de la présence humaine, même dans l’état le plus détérioré. L’image de la mère est comme un fantôme que l’on ne veut pas laisser partir. Une complainte sur l’inévitable perte de lisibilité. » Louise Bourque.

Milk and Glass de Sarah Pucill, GB, 10 min, 1993, sonore, coul, 16mm
Ce film décrit avec minutie un paysage intérieur. Le calme apparent de la scène se révèle étouffant. Milk and Glass est un voyage qui part de la surface pour aller à l’intérieur – un miroir aux bords noirs, la surface incurvée d’un bol, une gorge profonde, un pinceau qui dessine la ligne d’une lèvre sur une surface plane, une bouche qui se dédouble en laissant son empreinte sur le bol est nourrie à la petite cuiller jusqu’à ce qu’elle étouffe.

1014 de Deborah Phillips, Allemagne, 9 min, 2024, sonore, coul, 16mm

Ma mère, Carol Frieda Herman P. Hirsch, Chaya bas Moshe ve Yehudit, est décédée le 23 Juin 2022. Elle a vécu la fin de sa vie comme elle le souhaitait, chez elle, sous les arbres majestueux qu’elle admirait par la fenêtre, au son des chants d’oiseaux, de musique et entourée de ses livres. Si elle manquait parfois de forces, elle aimait sentir le parfum de ses plats préférés et appréciait les choses simples. L’état de l’ancienne pellicule 16mm sur laquelle j’ai travaillé correspond assez bien à cette phase de fin de vie où on est abîmé et où on meurt petit à petit.

Yes, I said yes, I will, yes de Phil Solomon, EU, 4 min, 1999, couleur, numérique
Le titre fait référence au souvenir que Molly Bloom garde de son consentement à la demande en mariage de Leopold Bloom à la fin d’Ulysse de James Joyce (1922) : « J’étais une Fleur de la montagne oui quand j’ai mis la rose dans mes cheveux comme les filles andalouses ou devrais-je en porter une rouge oui et comment il m’a embrassée sous le mur mauresque et j’ai pensé bien comme lui comme un autre et puis je lui ai demandé avec mes yeux de demander encore oui et puis il m’a demandé voudrais-je oui dire oui ma fleur de la montagne et d’abord j’ai mis mes bras autour de lui oui et l’ai attiré vers moi pour qu’il puisse sentir mes seins tout mon parfum oui et son cœur battait comme un fou et oui j’ai dit oui je le ferai Oui. » 

Troco d’Azucena Losana, Mexique, 12 min, 2019, sonore, couleur et noir&blanc, numérique

Cette performance, qui participe d’une recherche formelle sur le support filmique comme source plastique, propose une étude combinée du rôle de la perforation et du visage humain au cinéma. Plusieurs mètres de « China Girl » (un type d’amorce 35mm destinée au calibrage des couleurs) et quelques gros plans tournés en 16mm ont été perforés, puis leurs faces inversées manuellement, pour constituer plusieurs boucles de projection. L’œuvre finale prend la forme d’une performance, donnée pour la première fois à la Cinémathèque du Musée d’Art de Rio de Janeiro.

Les immortelles de Myriam Jacob-Allard, Canada, 26 min, 2025, sonore, couleur, numérique

«  Ce sont des variations des plus inventives sur la trace de questions récurrentes sinon obsessionnelles qui ont affaire avec les rapports d’une fille et de sa mère et, ce qu’elle fait absolument siennes les variations d’un motif, d’un topos, d’un texte sur une trame, un tissu très proche. Les immortelles mettent en toutes ses bouches, les dialogues de films de vampire avec en fond l’archive familiale, pas de figure de stryge, de goule ou de succube … des vivantes. » Simone Dompeyre

Troco, Azucena Losana

Infos pratiques :

Espace En Cours, 56 rue de la Réunion, 75020

Entrée 6€ + bar sur place (espèces uniquement!)