Il y a tout juste un an disparaissait David Lynch, cinéaste innovant toujours aux frontières de l’abstraction, du cauchemar et de la plasticité sensorielle que peuvent produire les images. Artiste majeur, son œuvre s’est nourrie de nombreuses formes et a inspiré des cinéastes, directement ou de manière plus détournée. Braquage initie ce soir un cycle de longue haleine, où chaque année, le 15 janvier, nous proposerons une séance de films expérimentaux évoquant l’un des films réalisés par David Lynch. En 2026, nous commençons par Lost Highway.

Ligne continue de Peter Stämpfli
1969, 16mm, couleur, sonore, 9’
Par des passages brusques de la ligne blanche filmée de face puis en plongée, le cinéma fait ou défait les signaux au gré de la vitesse de la voiture-travelling ; un inter-espace se crée qui bouscule la vitesse perceptive standard, une aspiration s’installe dans laquelle l’œil se reconnaît et se perd dans un état régulier et intense… Claudine Eizykman

Sunset Boulevard de Thomas Korschil
1991, 16mm, muet, couleur, 8’
Sunset Boulevard est une tentative pour illustrer simultanément les deux grands mythes américains contradictoires: le mythe de l’individualisme illimité («lonesome rider» – cavalier seul) et celui du creuset racial («melting pot»). Tous les êtres humains, quels qu’ils soient, sont en général seuls de la même manière: coincés dans leurs voitures. Thomas Korschil

Kustom Kar Kommandos de Kenneth Anger
1965, 16mm, couleur, sonore, 4’
« Pygmalion et son amante machine. Sur la musique de « Dream Lover », un jeune homme caresse par de légers coups de houpette sa voiture customisée. » Kenneth Anger, Filmmakers’ Cooperative catalogue n°6, New-York, 1975.

In the Country de Vincent Deville
2015, S8 > proj numérique, n&b, sonore, 4’
Clip réalisé pour le groupe My Great Blue Cadillac à l’occasion de la sortie de leur nouvel album Into the Dust sur le label Fairy Dust Records (Helsinki).

Jazz Live Music
1940-41, 16mm, n&b, sonore, 12′
4 chansons de jazz et soul mise en scène : Take the A Train (par les Delta Rhythm Boys) ; Your feet’s too Big (par Fats Waller), Take me back Baby (par le Count Basie Orchestra), Songs of the Islands (par The Music Maids)

Gestuel de Michel Nedjar
1978, super 8, sonore, couleur, 20’
« Bouge et coupe. Bouge et coupe sans arrêt ; […] Bouge et coupe ; bouge et coupe sans arrêt. Non plus de coupe mais découpe, découpe sans arrêt. Déchire, file, tu es libre ! » Conseils de Michel Nedjar donnés à Teo Hernandez

Naughts de Stan Brakhage
1994, 16mm, couleur, silencieux, 6’
Une série de cinq films peints à la main et imprimés par couches, chacun représentant un « rien » texturé, donc tangible. Une série de nœuds d’énergies invisibles et colorés.

Espace En cours
56 rue de la Réunion

Métro Buzenval ou Avron
6€ (paiement en espèce ou chèque sur place)