Dans le cadre du QIFF (Quimper Images et Films Festival)

À 14h, atelier d’interventions sur pellicule.

La pratique de l’intervention sur pellicule se situe entre cinéma et arts plastiques. Elle permet de réaliser des films sans utilisation de la caméra, et sans faire de tirage et de développement dans un laboratoire.

Lors de cet atelier, les participant·e·s réalisent un film collectif de quelques minutes, en dessinant ou en grattant directement sur la pellicule. Iels seront amené·es à imaginer l’ensemble des images composant le film, à créer son fond, sa forme, son rythme, ses couleurs…

A 16h30, séance : Sur la pellicule

Cette séance de courts-métrages expérimentaux regroupe des films de périodes, techniques et origines différentes. Ils seront présentés en 16mm. Ce qui les relie tient dans le fait que les cinéastes qui les ont conçus se soient emparés pleinement des possibilités qu’offre le support de la pellicule. Que ce soit en l’utilisant comme support de travail direct, en la grattant ou en la coloriant, ou encore en explorant ce que les matières photochimiques peuvent révéler de couleurs ou de profondeurs étonnantes, iels s’attachent à déployer les puissances du films argentiques dans la plénitude de ses possibilités.


Durée du programme : environs 65’


Dans l’antre de la sorcière de Segundo de Chomón
France, 1906, n&b colorisé, muet, 16mm, 5’
Gringoire et Claudine, sa femme, se disputent. A l’invitation d’une sorcière, Gringoire pénètre dans une grotte mystérieuse. Là, il est accueilli par une série de fantasmagories fantastiques. Un film de Chomón de ses premières années chez Pathé (1905 à 1910), tout à fait représentatif du genre de la fantasmagorie.


Man of Aral dHelena Gouveia Monteiro
Irlande/France/Portugal, 2023, 16mm, couleur, son, 7’
Musique de Nicolas Clair.
En tant que conte mis en scène d’une mer sans eau, Man of Aral présente l’érosion du paysage et du matériel cinématographique lui-même comme des chronologies humaines et géologiques concurrentes. L’évolution temporelle et physique de cette mer et de son image filmée s’enlace à travers des vues distantes d’un territoire en mutation rapide mais presque invisible. La disparition de la mer d’Aral en Asie centrale est perçue comme un événement clé d’une ampleur sans précédent, réhaussée par les possibilités du cinéma.


Dans les cieux et sur la terre d’Erin Weisgerber
Canada, 2022, couleur, sonore, 16mm, 12’
Des masses vertigineuses de calcaire sculpté laissent place à une extase de lumière et de couleurs vibrantes à travers un enchantement alchimique de mutations élémentaires. Les hiérarchies se dissolvent à mesure que l’éphémère du quotidien inspire le monumental.
Tourné et développé sur pellicule 16mm inversible. Les compositions visuelles ont été réalisées au tournage. Ou quand un monument emblématique de Montréal rencontre les traces fuyantes de la flore urbaine.


Improvisation I : Massacre d’Olivier Fouchard
France, 2002, couleur, silencieux, 16mm, 6’
A partir d’images issues de Fort Apache de John Ford.
Ceci n’est pas un film mais plutôt une sorte de peinture musicale. Cela s’inscrit en résistance à la banalisation des effets du tout numérique Improvisation I c’est du tout analogique pur, de la photochimie; du cinématographe, c’est à dire : des fantômes de lumières.


The Snowman de Phil Soloman
États-Unis, 1995, 16mm, couleur, son, 9’
Ce film omet toute représentation – d’un sujet identifiable, des idées de son auteur, de sa source. Le spectateur se perd dans un déluge spectral de visages, de figures et de choses dépouillées de leurs noms et de leurs formes, irrémédiablement ravagées par l’effacement de l’émulsion. 


Cruises de Cécile Fontaine
France, 1989, couleurs, sonore, 16mm, 8’
Un film collage en trois parties, entrelaçant des sources cinématographiques de genres et époques variés. La coloration jaune provient du grattage de la pellicule qui abouti à la disparition des deux premières couches colorées. Les films muets recollés sur ces nouvelles surfaces jaunes ou neutres, ont été décollés de leur ruban celluloïd par simple arrachage au scotch ou grattage au couteau après un bain prolongé dans un produit ammoniaqué.


Mothlight de Stan Brakhage
États-Unis, 1963, 16mm, couleur, silencieux, 4’
Mothlight est une sorte d’herbier cinématographique : Brakhage a prélevé dans son jardin des pétales de fleurs, des ailes d’insectes, et d’autres éléments transparents puis les a collé sur la pellicule.


Ga de Stephanie Maxwell
États-Unis, 1982, couleur, sonore, 16mm, 5’
Ce que nos ancêtres plasticiens dessinaient sur des parois de grottes, Stephanie Maxwell nous le restitue sur de la pellicule qui devient comme la caverne de notre mémoire collective, d’où tout peut rejaillir. 


Free Radicals de Len Lye
États-Unis, 1957-1979, n&b, sonore, 16mm, 5′
« Free Radicals utilise des lignes blanches gravées à la main sur de la pellicule noire, avec des oscillations à chaque image, pour définir le nerf du cinéma comme un rituel de mouvement pétri d’énergie. » P. A. Sitney.


Info : https://www.gros-plan.fr/Formats-courts-315.html
Quimper Images et Films Festival (QIFF)